Burn out des soignants

Dans mon cabinet, je reçois beaucoup de soignants ou plutôt de soignantes : infirmières, assistantes sociales, auxiliaires de vie, aides-soignantes, puéricultrices, etc.

Les raisons de leur venue ne sont pas forcément en lien avec leur métier, mais il est vite abordé. Et pour la plupart, c’est un espace de grand questionnement, voire même de grande souffrance : comment savoir si je fais bien ? Si je fais trop ? pas assez ? le nez dans la guidon, se dessine la perte de sens de ce métier fait pour aider les autres. Est-ce que j’assiste trop ? Est-ce que j’ai encore envie d’aider ? Pour certaines, c’est l’épuisement qui pointe, avec cette perte de sens. Tout donner, c’est trop donner.

Je suis frappée de leur solitude par rapport à ces questionnements. La plupart ne partagent pas avec leurs collègues, pensant être les seules à vivre cela. Et l’entreprise ne facilite pas ce partage : point d’espace d’analyse de pratique, peu ou pas de réunion d’équipe, et rarement pour se questionner ensemble sur le fond du métier de soignant.

Mais l’espace thérapeutique permet de prendre le temps de sentir, de trouver des réponses, de prendre du recul. Quel soulagement que ce temps pour réfléchir à son métier, à son rapport à l’aide, à son rapport aux soignés…